Z&T

Z&T est un duo de slameuses féministes composé de Zouz (Zoé Henne) et T.A (Théa Simon). Comédienne à la base, Zouz fait du théâtre depuis l'enfance. Elle commence le slam en 2019 et se fait remarquer lors de l’événement Paroles de Femmes, avec son interprétation de La Justice s'en Balance. Le 13 mai dernier elle a sorti son premier livre, un recueil de slam intitulé Sale Meuf. Également formée à l'écriture dramaturgique et au jeu en scène, T.A finit par s'essayer au slam et donnera plusieurs ateliers puis enchaînera les scènes. Elle a récemment publié son premier ouvrage : Chagrin Des Codes. Toutes deux membres des collectifs L-Slam et Slameke, c'est lors d'un slam sauvage dans le métro que Zouz et T.A se rencontrent. Elles évoluent ensemble depuis, enchaînant les scènes. Leur premier succès, Chers harceleurs, merci !, témoigne de leur féminisme engagé et de la force qu’elles revendiquent sur scène comme dans la vie. Le 4 mars 2022 elles ont sorti leur deuxième clip, TVFQ

INTERVIEW

Qui se cache derrière Z&T ?

Zouz : Il y a le phénomène Théa et il y a Zouz. Deux slameuses. 

Théa : C’est pas que deux slameuses, on est aussi deux grandes amies. On est un peu sœurs en fait.

Zouz : On nous confond tout le temps et on croit tout le temps qu’on est sœurs jumelles.

Théa : Oui, il y a un truc mystique derrière Z&T.

Pouvez-vous nous retracer votre parcours artistique en quelques mots ?

Zouz : Je fais du théâtre depuis toute petite. Ensuite, j’ai été en humanité artistique en secondaires et après je suis rentrée au conservatoire royal de Bruxelles. J’ai été comédienne plusieurs années. J’étais dans une compagnie de théâtre, on a fait quelques pièces notamment une qui a été primée à un festival de théâtre à Tanger au Maroc et on a reçu le prix des meilleures actrices et de la meilleure écriture de pièce. Puis, on a joué notre pièce au Riches-Claires. Et puis c’est plus ou moins à cette période-là que j’ai fait un stage de slam à Slameke et là ça a été une révélation. J’ai continué à faire des scènes ouvertes sur le côté et là Joy Slam (la grande slameuse) m’a repéré pour un grand projet qui s’appelle « Paroles de femmes » où elle engageait différentes slameuses afin de réaliser un clip et d’enregistrer un slam en studio. Donc j’ai fait ce projet là et à partir de ce moment, j’ai continué à faire plein de scènes et j’ai pris le blaze de Zouz. En argot en France, ça veut dire « la meuf » et comme je faisais beaucoup de textes féministes, je trouvais ça cool vu que mon prénom c’est Zoé et qu’on m’appelait souvent Zouz ou Zou. Et puis j’ai rencontré Théa. Voilà plus ou moins, ça c’est ma carrière. Et oui, une fois que ça a commencé dans le slam, j’ai fait plein de trucs, plein d’ateliers, je suis rentrée dans le collectif Slameke. J’ai fait également pas mal de voyages, par exemple en 2021, j’ai été au Togo pour un festival. J’ai gagné le championnat européen de slam en octobre 2021.

Théa : J’ai commencé à bosser avec des jeunes, d’abord dans des maisons de quartier et puis dans une institution professionnelle. Et là je donnais déjà des ateliers d’écriture mais qui n’étaient pas ciblés slam parce que je n'en faisais pas encore à ce moment-là. Donc on faisait plus des ateliers d’écriture un peu rap, un peu d’écriture théâtrale, d’impro, etc. Et puis vu que j’aimais bien écrire, j’ai fait, comme Zouz mais pas la même année, un stage avec Slameke. Après ça j’ai fréquenté des scènes et puis ça a aussi enrichi ma pratique avec les jeunes pendant les ateliers. On a monté une pièce de théâtre-slam avec les jeunes et on a été la jouer en Colombie. Et donc là, on a continué des partenariats dans le milieu du coup médiation culturelle via le slam. À ce moment-là je faisais des scènes ouvertes, je n’étais pas encore entré dans le collectif Slameke mais j’étais en relation avec eux. Et puis, j’ai rencontré Zouz. On a créé un duo et l’année qui a suivi on a commencé a créer des clips. Puis Zouz a sorti son Bookleg et ensuite j’ai sorti le mien. Je continue toujours de travailler avec des jeunes, je n’ai jamais arrêté, que ce soit via Slameke avec des associations, dans les maisons de jeunes ou dans le centre professionnel où je travaille. Et maintenant, je fais également partie de collectif Slameke avec Zouz.

Comment avez-vous atterri dans le slam ou, inversement, comment le slam est-il arrivé dans vos vies ? Parlez-nous de vos débuts en tant que slameuses.

Zouz : C’est via le stage avec Slameke.

Théa : Moi aussi plus ou moins, concrètement c’est ça.

Quels sont les codes du slam ?

Théa : C’est trois minutes par personne, a cappella.

Zouz : Pas d’accessoires, pas de costumes, on n’est pas au théâtre.

Théa : Un texte écrit par soi-même. Ça, ce sont les codes du slam, en tout cas pour les tournois.

Zouz : Pour décrire un peu l’ambiance slam, c’est un milieu hyper bienveillant. On applaudit une personne jusqu’à ce qu’elle arrive sur scène, on l’applaudit après jusqu’à ce qu’elle regagne son siège. On claque des doigts quand on kiffe une punchline ou un vers quand la personne slame. C’est un milieu qui, à la base est très masculin, et qui est beaucoup plus mixte maintenant grâce au travail de Joy Slam et de Lisette Lombé qui ont organisé L-Slam, qui ont fait plein d’ateliers en non-mixité. Ce qui fait que maintenant quand tu vas à une scène slam, il y a limite plus de femmes ou des minorités de genre que des hommes cisgenres.

Théa : Zouz et moi, on donne aussi des ateliers pour des groupes de femmes.

Comment s’est passée votre rencontre ?

Théa : On s’est rencontrées dans un slam sauvage qui se passait dans le métro, enfin dans un hall de gare et puis dans le métro. C’était organisé par Slameke via MaelstrÖm et c’est d’ailleurs chez MaelstrÖm qu’on a chacune édité nos premiers Booklegs.

Zouz : Je pense que c’était en mai 2019.

Théa : C’était marrant parce qu’on trainait toutes les deux dans le milieu slam, on connaissait un peu tout le monde vite fait et juste nous deux on ne s’était jamais croisées ni dans la ville ni dans le milieu slam, ce qui est étrange.

Zouz : En fait on attendait Théa, et Akkad (le gardien du monde perdu), un gars du slam, me dit qu’il y a encore une slameuse qui doit arriver. Et moi à l’époque, comme je venais d’arriver dans le milieu du slam, franchement je faisais exprès de connaitre tout le monde, toutes les scènes et Théa était inconnue au bataillon. Donc quand j’ai vu arriver Théa avec son petit sweat en mode street, on s’est regardées et on s’est captées direct.

Théa : Après on a fait notre slam sauvage puis on a été boire un café au Bar de la Fontaine (au bord de la mer), et depuis on ne s’est plus lâchées.

Zouz : On se colle.

Théa : Après, on a commencé à écrire ensemble, enfin pas ensemble mais on se retrouvait dans des cafés quand on écrivait. On a fait des scènes ensemble, des ateliers ensemble.

Comment est né le duo ?

Théa : On zonait tout le temps ensemble, que ce soit dans la vie ou pour le professionnel. Et dans les scènes slam qu’on fréquentait, il y avait un gars qui a commencé à harceler Zouz mais vraiment longtemps et qui s’en prenait à tout son entourage. On était même passées par la justice avec des plaintes et par un milliard de possibilités pour arrêter ce truc-là, qui a finalement duré. En plein confinement, il avait recommencé à harceler Zouz sur les réseaux sociaux. Un jour, j’ai débarqué en scooter en bas de chez elle parce qu’elle venait de me dire qu’il avait recommencé et qu’elle en avait marre. Je lui ai proposé de faire un clip. On s’est vraiment dit on fait un clip maison, vite fait, mais juste pour le balancer sur les réseaux pour qu’il se dise : « Ok j’arrête de les faire chier parce qu’elles vont m’afficher ». En quelques jours, on a écrit le texte, on a fait un storyboard, on a réuni une équipe avec des potes et on a tourné le clip, qu’on a effectivement balancé sur les réseaux. Ça a marché grosso modo parce qu’il a arrêté de harceler Zouz. Et un gars qu’on connaissait à l’époque nous a dit : « Trouvez vite un nom parce que vous n’allez pas sortir un clip avec rien ». On s’est qu’on allait mettre Z&T et qu’on changerait plus tard, sauf que finalement on l’a gardé et on ne l’a jamais changé. Suite à ça, on a été contactées par pas mal de collectifs, soit hip-hop soit féministes, en tant que duo Z&T, et c’est là que ça a commencé.

Zouz : En tout cas dans les milieux féministes, ça a bien marché ce titre « Chers harceleurs, merci ».

Théa : On a slamé ce titre le 8 mars sur la Place du Luxembourg et là on a eu pas mal de bons retours. 

L’utilisation de l’ironie était-elle importante ?

Théa : Oui parce qu’à un moment donné quand il y a tellement de rage, l’ironie passe mieux. Il y avait l’effet de masse parce qu’on voulait le partager, mais il y a aussi l’ironie parce qu’il n’y a plus que ce biais-la pour pouvoir dénoncer.

Zouz : Et puis on est comme ça dans la vie aussi.

Théa : Dans notre communication dans la vie, c’est souvent par ce biais là qu’on passe.

Zouz : On est quand même des personnes très joyeuses.

Théa : Oui, il y a moyen d’exprimer la colère autrement.

Qu’est-ce que l'univers du slam vous apporte au quotidien ?

Zouz : Déjà c’est une famille.

Théa : Oui c’est ça.

Zouz : Slameke, c’est une famille et même en dehors de Slameke.

Théa : Les gens qui gravitent de manière récurrente aux scènes slam, c’est vraiment notre entourage enfin ça fait partie de notre quotidien. C’est professionnel bien sûr mais ça fait vraiment partie, pour le coup, de notre quotidien.

Zouz : On se soutient tous. Lisette Lombé, on sait qu’on peut l’appeler, Marie Darah aussi. On se file tout le temps du boulot entre nous aussi. Genre s’il y a un truc auquel on ne peut pas aller, on le transmet aux autres.

Théa : Et c’est aussi notre quotidien parce qu’on se retrouve fréquemment. Au moins une fois par semaine, on se retrouve pour échanger sur des trucs, écrire ensemble, s’entrainer. Et puis on fait beaucoup de scènes slam, donc en fait nos soirées souvent ce sont les soirées hip-hop.

Comment définiriez-vous votre style ?

Zouz : Je dirais que comme on est fan de rap, on n’a pas du tout la technique de rap mais il y a peut-être une ambiance rap derrière.

Théa : Il y a une influence rap dans l’écriture ou dans le flow. On ne respecte pas les mesures du rap mais il y a une influence. Dans le style, dans certaines de nos références, dans le vocabulaire. Et ce sont souvent des textes assez incisifs.

Zouz : On aime bien l’agressivité aussi.

Théa : Techniquement, on est dans un créneau entre deux, parce qu’on fait des textes a cappella mais il y a des textes qui sont sortis sur un son. Que ce soit « Chers harceleurs » ou que ce soit le clip qui va sortir la semaine prochaine « TVFQ », ils sont sur une instru. Il y a un créneau musical, on n’est pas que dans du slam a cappella.

Zouz : Et évidemment on est influencées par le féminisme, ça c’est clair.

Théa : Oui, en termes de thématique, ce sont souvent des textes engagés à penchant féministe assez fort mais quand même dans une idée de convergence des luttes. On est beaucoup dans la convergence des luttes. Même si l’angle d’attaque privilégié est le féminisme.

Zouz : Parce qu’on parle de nous, de nous en tant que femmes.

Théa : Ce sont souvent des textes qui parlent de nous et de situations concrètes et donc c’est souvent des textes assez concrets.

À part le rap, vous avez d’autres sources d'inspirations ?

Théa : Notre quotidien, parce que ça part souvent de quelque chose d’observé ou de vécu. Il y a l’inspiration du réel.

Vous défendez des valeurs féministes, quelle est votre définition du féminisme ?

Zouz : Il n’y a pas vraiment de définition. Déjà, on va partir du principe qu’on est deux meufs blanches et en plus cisgenres et hétéro. On a évidemment en tête et théoriquement un féminisme hyper inclusif qui inclu d’autres luttes : la lutte antiraciste, la lutte pro-LGBTQUIA+, etc. Mais comme le slam, c’est un art où on parle de soi personnellement, évidemment on sait que on est blanches et cis-hétéro, donc il y a des trucs dont on ne va pas pouvoir parler ou en tout cas pas en toute légitimité. Le mot féministe, il peut être vite brandit. On est aussi pro-putes, voilà mais on ne peut commencer à parler trop de prostitution non plus parce que comme on a des potes putes, on sait qu’on n’est pas légitimes pour en parler. Le féminisme n’est pas que dans nos textes, il est aussi dans nos vies.

Théa : Justement, il y a un désir instinctif de créer une communauté au sens large du terme. D’ailleurs le terme « Sale meuf », qui est le titre du bouquin de Zouz, est à la base un cri de guerre qu’on a lancé je ne sais plus quand, je crois que j’avais crié ça à une soirée.

Zouz : On était à une soirée mais c’était pas vraiment une scène slam, c’était plus poésie – littérature. Moi je monte sur scène et Théa elle crie : « Sale meuf ». C’était hyper drôle, du coup on l’a gardé.

Théa : Et ça c’est un peu un cri de guerre que plein de nos sœurs réutilisent, donc il y a vraiment une communauté dans le quotidien et aussi l’artistique qui se crée.

Pourquoi est-ce si important pour vous de défendre ces valeurs dans vos textes ?

Zouz : Parce que dans la vie aussi.

Théa : Oui et puis je pense que dans la vie de Zouz comme dans la mienne, il y a eu des évènements qui ont fait qu’on a particulièrement envie de dénoncer certains éléments par l’artistique, parce que c’est notre biais.

Zouz : Et on est fort, sans trop en dire, mais on est fort en connexion avec des collectifs militants sur Bruxelles. A force d’avoir fait un peu de militantisme dans plusieurs luttes, forcément ça nous touche et ça va se refléter dans nos slams.

Est-ce que vous avez le sentiment de faire passer un message ?

Zouz : Oui, maintenant je pense que notre force, sans vouloir être prétentieuse, c’est qu’on a beaucoup d’humour.

Théa : On a beaucoup d’autodérision aussi.

Zouz : Faut pas se prendre trop au sérieux.

Théa : Et puis ce que nous on aime bien c’est qu’on slame dans des lieux et des ambiances vraiment différentes, que ce soit dans les projets proposés par Lezarts Urbains ou dans des milieu Underground ou dans des milieux militants ou dans des scènes ouvertes. On aime bien toucher un large public dans différents milieux.

Comment s'élabore l’écriture d’un texte à deux ?

Zouz : Ce qu’on a fait jusqu’à présent c’est que d’abord on se consulte sur un thème, un sujet, pour savoir de quoi on a envie de parler. Et puis on se réunit, on écrit en général ensemble. On écrit chacune des parties puis on fait une mise en commun. On réajuste et on construit comme ça. Et le refrain, on le fait en général ensemble.

Théa :  Et puis, il y a plein de répets pour le texte, pour la scène. Souvent on s’enregistre pour voir ce que ça donne, ce qu’on doit changer.

Vous avez également chacune écrit un recueil, comment avez-vous vécu cette expérience ?

Zouz : Mon recueil c’est « Sale Meuf », il a été publié en mai 2021 et c’était trop bien parce que je l’ai travaillé pendant tout le confinement et j’ai travaillé avec une de mes amies, Maylïs Mayoka, son blaze c’est Mozay. C’est elle qui faisait les dessins de mon recueil et donc c’était trop cool parce qu’on a pris le temps pendant des mois. On se réunissait dans un café ou dans un parc, je lui lisais mes slams et elle dessinait en même temps. Donc ça a pris vraiment longtemps mais c’était hyper agréable, au fur et à mesure des mois, elle retravaillait les dessins. Dans tous ces dessins, c’est à partir de mots, c’est trop beau, je suis trop contente de son travail. Et je suis contente parce qu’à chaque fois que les gens achètent le recueil, ils font toujours des remarques sur les dessins. Une fois qu’il est sorti, je pense que le titre percutait et je pense que les gens l’ont aussi acheté pour ça. Je trouve qu’il est sorti à une bonne période. C’était un résultat de tous les slams que j’avais écrit depuis mes débuts, donc ça marquait un peu le coup, c’était un peu un résultat de tout ce que j’avais traversé depuis le début du slam. Il y a beaucoup de slams féministes dedans.

Théa : J'ai sorti « Chagrin Des Codes » en décembre 2021. Moi c’est par Jérémy, un slameur qui a commencé a travaillé avec MaelstrÖm et qui avait aimé certains de mes textes. Il a parlé de moi à David (fondateur) et il avait été touché par des textes qui parlaient de ma relation avec la jeunesse dans le cadre du taf que je fais avec les jeunes. J’ai eu un rendez-vous avec David et ça s’est fait assez vite parce que j’avais déjà plusieurs textes. Il est sorti en décembre 2021 dans le cadre du 11ème anniversaire de la Boutique MaelstrÖm. J’avais hésité entre deux projets, et je trouve ça cool que le premier recueil que je sorte soit celui-là, parce qu’un des textes est le tout premier texte slam que j’ai écrit et j’ai commencé le slam en donnant des ateliers aux jeunes avec qui je bosse, donc ça a un sens pour moi que le premier recueil qui sorte ce soit en référence avec eux.

Zouz : Et on aimerait sortir un bookleg ensemble.

Théa : Oui pour la rentrée académique prochaine, on aimerait sortir notre bookleg Z&T.

Quelle est la différence entre écrire pour être entendue et écrire pour être lue ?

Théa : Un truc qui revient souvent et qui est vrai, c’est qu’il y a une grande différence dans la réception, dans la compréhension et dans la sonorité des textes en fonction qu’il soit lu dans la tête de quelqu’un. Par exemple, nous on met quand même une fibre que ce soit dans l’intention ou dans la forme quand on lit nos textes, donc c’est très différent. Par contre ce qui est cool, c’est que nous c’est de la poésie orale et c’est une belle occasion pour nous de pouvoir créer un recueil, permettre à de la poésie orale d’être mise en valeur par l’écrit et aussi de garder une trace et d’avoir une sorte de parcours.

Zouz : Moi je pense que comme je suis comédienne de base, j’ai toujours été plus touchée par la poésie orale. Et comme je suis fan de rap et comédienne, c’est toujours ça qui m’a fait kiffer, plus que d’acheter un recueil de poésie et de le lire comme ça dans ma tête. D’ailleurs, à chaque fois que j’ai de la poésie devant moi, j’ai besoin de la lire à haute voix.

Quels ont été les retours sur vos projets ? Sur vos recueils ?

Théa : Pour « Chers harceleurs », il y a beaucoup de gens qui nous ont connues grâce à notre intervention le 8 mars. Il y a aussi eu pas mal d’interviews et de débats qui ont suivi.

Zouz : Et pour les booklegs, ça a bien fonctionné. Je suis contente parce qu’il y a des librairies qu’on kiffe et puis on voit nos booklegs là-bas, c’est trop cool.

Théa : Et de nouveau, ça nous permet aussi de toucher un autre public qui voyait qu’on bossait dans le slam et qui ne sont pas forcément venus aux scènes.

Zouz : Ça donne de la crédibilité aussi parce que parfois le slam, de la part du milieu littéraire, ça peut être vu comme une sous-branche. Le fait que ce soit écrit, ça donne une crédibilité dans un autre milieu.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?  

Théa : Le clip « TFVQ » qui va bientôt sortir, la semaine prochaine.

Zouz : On a plein d’idées de projets. On aimerait faire un autre clip.

Théa : Qu’on aimerait sortir dans pas trop longtemps, genre en mai. On a aussi un projet de bookleg en commun, un autre projet d’écriture en commun mais pour l’instant c’est encore secret.

Zouz : Et on va faire une résidence bientôt pour s’améliorer au niveau scénique.

Théa : Parce qu’on aimerait proposer une forme slamée, tout en restant dans le slam et pas dans le théâtre, avec une mise en scène ou un jeu de lumière ou de son qu’on pourrait proposer dans des festivals, des appels à projets etc. En plus de nos scènes, avoir une forme à proposer. Comme un set mais mis en scène.

Dans 10 ans, vous vous voyez où ?

Théa : Avec Zouz on a prévu d’habiter entre Bruxelles et Marseille, parce qu’on aura des collabs et notre vie naviguera entre les deux. On a prévu d’avoir un yacht sur lequel on fera des scènes slam.

Zouz : En dix ans, moi j’aimerais bien qu’on écrive un roman ensemble.

Théa : On a très envie de pouvoir se former au rap aussi, pour pouvoir s’y essayer et puis si ça ne nous va pas c’est pas grave mais au moins on aura essayé.

Zouz : On a envie d’écrire une web série aussi. On prévoit de toujours être avec tous nos amis et toutes nos sœurs. De faire blindé de voyages et d’être un peu plus riche aussi. En gros on a plein d’idées de projets en tête.

Théa : On a plein de rêves, mais qui sont réalisables.

Propos recueillis par Zoé Carrier

 

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